Le Web après l'IA : devons-nous faire du Samizdat ?
Le 14 septembre 2026, Victor Chaix
Comme Marcello, j'ai été bien remis en question dans mon engagement pour une forme d'économie contributive basée sur le partage au travers d'Internet, lorsque mon collègue David Larlet a décidé de ne plus garder publiquement les archives de son blog en ligne car, explique-t-il :
Je ne souhaite pas que mes partages, mes émotions, mes apprentissages viennent servir les intérêts d’une oligarchie aux idées nauséabondes (GAFAM, IA, etc).
Comme eux, je ne peux que constater « l'emmerdification du Web » et comment nos contributions à celui-ci servent de plus en plus à une entreprise d'exploitation capitaliste par les dîtes « IA » génératives et les grands groupes commerciaux du numérique, en général. Comme le dit Marcello :
nos productions deviennent juste la nourriture qui alimente une poignée d'applications propriétaires dont le seul objectif est de maximiser le profit des entreprises qui les développent.
Cette situation nous met face à des impasses auxquelles nous devons sérieusement réfléchir, dans le mouvement du Libre et de la connaissance ouverte, réflexion à laquelle ce billet entend contribuer en se demandant comment éviter de seulement subir ces évolutions actuelles de l'espace public numérique. Que faire face à la captation de nos publications et contributions à la discussion collective par une Big Tech oligarchique ?
Dans notre situation globalement bien démoralisante, je veux explorer ici deux voies qui me semblent possibles et qui ne sont pas forcément exclusives : celle de la « publication souterraine » et située, et celle de la réappropriation de l'espace public pour d'autres finalités que le productivisme et consumérisme de la Big Tech. Il en va de l'avenir d'une économie de la contribution au travers des réseaux numériques et du Web : peuvent-ils encore être mis au service du partage distribué des connaissances et d'interprétations ou sont-ils vouée à servir d'abord les grandes puissances du numérique et leur vision du monde ?
L'histoire et l'actualité des Samizdat
Remontons un peu le cours de l'histoire jusqu'à une époque et un lieu — pas si loingtains — où la diffusion publique de discours n'allait pas de soi. Cette situation à laquelle nous faisons face aujourd'hui avec la dépossession de l'espace public n'est pas si inédite, dans le fond, et ramène à des périodes et territoires où l'éditorialisation de discours est quasi-intégralement contrôlé et piloté par le haut des pouvoirs en place (religieux, étatiques ou financiers). Une grosse partie de l'histoire de l'humanité, finalement, jusqu'aux États du 20ème siècle et de nombreux pays actuels1.
Une expérience éditoriale historique fascinante à cet égard se situe dans l'URSS post-Staline, à partir de la fin des années 50. Une forme singulière de littérature souterraine y a émergé, en marge de la littérature officielle : le Samizdat. Le Samizdat consistait en une édition et diffusion autogérée par des individus au travers de méthodes plus ou moins bricolées de duplication — dactylographie, photocopie, photographie, etc. — où les œuvres étaient passées sous le manteau, dans des réseaux informels, sur la base de la confiance. Il a permit à une littérature libre d'exister, bien qu'aux marges et de manière discrète, et ce dans un contexte d'absence de liberté publique.
À première vue, une telle littérature semble radicaliser la piste proposée par Marcello, de « chercher des lieux plus discrets, périphériques, situés. Des lieux moins visibles, moins mainstream, où puissent se reformer des petits collectifs qui partagent vraiment des valeurs communes et des visions du monde. »
Néanmoins, le Samizdat était une activité politiquement très risquée et technologiquement compliquée à mettre en œuvre. Le contexte aujourd'hui, que ce soit au Québec ou en France, est bien différent : technologiquement parlant, la duplication et la diffusion informelle de documents au sein de réseaux discrets et souterrains est largement facilitée par le numérique et l'Internet. La surveillance peut être significativement limitée, à condition de passer par des canaux suffisamment sécurisés comme Signal ou Telegram2. Surtout, le problème actuel n'est pas tant la censure et répression par l'État (bien qu'elle existe aussi3) que l'expropriation capitaliste des publications pour servir une machine à produire et consommer, et qui a pour premier effet de standardiser la connaissance pour en faire un prêt-à-penser aseptisé.
Dans ce nouveau contexte donc, pourrions-nous envisager de nouvelles formes de circulations de connaissances, que cela soit sous forme de textes littéraires ou de code informatique, à même d'échapper à la Big AI, comme le Samizdat échappait, en son temps, au Big Brother soviétique ? En fait, n'existent-elles pas déjà ?
De nouvelles formes de Samizdat
Écartons d'emblée les publications imprimées : le problème se situe sur un autre plan que sur celui du type de support de nos textes. Il pourrait en effet être tentant de voir dans la publication imprimée un refuge à l'exploitation par les IA capitalistes, sauf que l'actualité est plutôt cruelle avec ce fantasme de résistance du papier au capitalisme numérique. Nous apprenions ainsi, au cœur de l'été, qu'Anthropic rachette des millions de livres imprimés pour entraîner ses modèles, avant de les bruler afin de contourner des risques juridiques associés4. Il faut bien le reconnaître : l'ogre a faim, il trouvera des astuces pour dévorer d'autres formes de publications que celles sur le Web.
L'astuce à trouver semble donc davantage se situer dans le niveau de publicité des travaux que sur le plan de leurs supports et formats (numériques ou imprimés, HTML ou XML, etc.). À partir du moment où une ressource est en accès libre publiquement, elle est susceptible de servir de corpus d'entraînement à une IA, qui trouvera un moyen ou un autre de la scrapper, malgré les tentatives de barrières actuelles. Bien qu'il soit crucial de continuer à développer ce types de protections face aux robots, les barrières5 ne semblent pas suffire pas face au capitalisme-cowboy d'aujourd'hui, qui trouvera une manière de les contourner.
C'est ici que le principe de circulation du Samizdat devient intéressant, pour échapper à la Big AI sans jouer perpetuellement au chat et à la souris : suffisamment discret et souterrain, circulant de mains en mains sur la base de la confiance, et non jeté dans l'espace public pour « n'importe qui ». On pourrait trouver une forme de néo-samizdat numérique dans certaines pratiques et outils existants : par exemple, celle de déposer des textes dans des dossiers partagés et collaboratifs Nextcloud, où les liens de partages et d'accès sont contrôlés et révocables par la communauté. Le projet Framaspace6 donne d'ores et déjà à voir une infrastructure numérique dans laquelle un nombre important de collectifs, syndicats et associations peuvent partager en leur sein des documents de manière communautaire, partiellement publique.
Ce type de « néo-Samizdat », si l'on peut dire, est certainement prometteur : une circulation de documents en ligne aux marges de l'emmerdification du Web et de son exploitation par la Big Tech. Il peut être intéressant d'étudier ou d'imaginer ce type d'alter-espaces au Web et à l'imprimé, partagés mais non-diffusés publiquement, en ce qui concerne la circulation de documents : de multiples réseaux en ligne permettent un partage de textes qui ne sont pas pour autant en « accès libre ». Je trouve ça d'ailleurs plutôt stimulant intellectuellement de ne pas faire du Web « la fin de l'histoire » de la publication : d'autres espaces sont encore possibles, potentiellement même radicalement différents dans leur niveau de publicité. Rappelons que le Web est né dans une période de globalisation effrénée et de libéralisme triomphant (du moins, tel était le récit de l'époque), après la chute du bloc soviétique — ce qui est loin d'être le cas près de 40 ans plus tard, tant ce modèle suscite de toute part de vives oppositions et remises en question.
En tout cas, je rejoins Marcello et David sur le fait que la visibilité en ligne semble changer de statut avec les IA génératives, et qu'une visibilité plus située et souterraine semble souhaitable à développer : nous ne sommes plus dans la frénésie du Libre des années 90 et 2000, où le principe d'ouverture et de partage pour « tout le monde » pouvait encore sembler avoir un avenir anti-capitaliste radieux devant lui. En fait, j'ai l'impression que le mouvement du Libre est en train d'apprendre, avec les GAFAM et désormais avec « l'IA générative », une leçon déjà bien réalisées par des communautés colonisées par le passé : la connaissance - par exemple, celle de vertues de certaines plantes — est à transmettre comme un trésor secret, pour éviter qu'il ne se retrouve entre de « mauvaises mains ».
Quoi qu'il en soit, revendiquer cette seule piste de la transmission discrète me semble poser un problème majeur : est-ce à accepter que l'espace public ne nous appartient plus du tout (nous étant : l'université, les mouvements du Libre, des associations, ...), qu'il appartient désormais entièrement au marché ? Bien que la marchandisation de toutes les sphères de l'existence semble ne rencontrer aucune limites, la sphère publique actuelle n'est pas celle de l'URSS : pas intégralement subordonnée à un pouvoir fort, du moins pas encore. J'utilise encore Wikipédia quasi-quotidiennement. Le Monde Diplomatique m'invite par des voies publiques à faire un pas de côté critique sur l'actualité. Cela ne les empêche pas de nourrir des IA, certes, ou même d'être vendu dans des Relais appartenant à Vincent Bolloré. Mais ils existent et j'espère bien que ça continuera à exister, de manière suffisamment publique pour être saisies par des personnes qui n'appartiennent pas forcément à des collectifs spécifiques. Peut-être faudrait-il se tenir sur plusieurs fronts de manière simultanée : un réseau de partage de documents souterrain (du néo-Samizdat, par exemple via Nextcloud et des messageries sécurisées) ; d'autres espaces de mise en commun de connaissances et de discours, qui restent à inventer ; l'espace public du Web et de l'imprimé, qui reste important à investir pour des fins non-marchandes.
L'exploitation en dehors de l'espace public
Il est important de rappeler dans tout ça que l'exploitation et les rapports de domination ne règnent pas en maître seulement dans l'espace public. En public ou en petite communauté, même dans une relation intime, nos productions documentaires peuvent aussi être exploitées en dehors, voire contre leurs intentions initiales. Prenons le cas des échanges épistolaire entre Juliette Drouet et Victor Hugo. Cette première lui a écrit plus de 22 000 lettres, auxquelles il n'a que très rarement répondu - 400 lettres, soit 2% de celles envoyées par Juliette Drouet7. Il a surtout fait de ces lettres et d'autres textes qu'il lui a demandés l'occasion d'inspirer ses textes et ses personnages, comme Fantine et Cosette dans Les Misérables, voire en a carrément repris des passages entiers dans ses propres textes sans la créditer, notamment les chapitres consacrés au couvent, largement repris des souvenirs écrits par Juliette Drouet de ses années d'élève dans un établissement religieux8.
Ces lettres, non publiques à la base, étaient donc exploitées, qui plus est par une personne de confiance toute particulière pour Juliette Drouet. Elle n'était cependant pas que la victime naïve et aveuglée par son amour de l'exploitation de Victor Hugo, mais bien consciente de l'inégalité structurelle au sein de leur relation, comme en atteste cette lettre qu'elle lui a adressé le 9 novembre 1858, que je copie-colle ici dans son entièreté :
Bonjour, mon bon petit homme, bonjour, je t’aime, et la preuve c’est que je me suis préoccupée toute la nuit, jusque dans mes rêves, si je ne t’avais pas attristé hier sans le vouloir dans les observations que je te faisais avec plus de justice que de clarté et de ménagements peut-être, tant je suis inhabile à formuler ma pensée soit avec la parole soit avec la plume. Je crains tant de m’être mal expliquée hier dans mon gribouillis que je vais essayer encore ce matin de me rectifier afin que tu saches bien que ce n’est pas de ta générosité dont je me plains mais de la tutelle humiliante où tu m’as toujours tenue malgré mes protestations persévérantes et même mes tentatives de révolte de temps en temps. Ce n’est pas de ma faute si ma nature a plus besoin de justice que de largesse, si le joug de la dépendance la blesse au vif, si le contrôle permanent du moindre désir s’irrite et si tous les instincts de liberté se soulèvent devant les obstacles que tu opposes au libre exercice de ses actions les plus naturelles et les plus légitimes. Tu te crois ce droit parce que c’est toi qui a pris à ta charge le fardeau de ma vie, sans te rendre compte peut-être que tu te fatiguerais à la longue à le porter, mais ce droit, que je conteste, c’est pour moi l’esclavage honteux et presque la dégradation. Je ne me donne pas à toi, tu me possèdes, voilà tout. Triste possession aujourd’hui, j’en conviens, mais que je revendique avec tout ce que j’ai d’honneur, de dignité, de force et de courage pour t’aimer dans toute ma liberté et toute mon indépendance.
Juliette de Drouet a continué à écrire à Victor Hugo, et à travailler pour l'œuvre de ce dernier en de nombreux autres aspects, tant intellectuels que matériels9. Elle trouvait sûrement dans ses lettres une manière de s'exprimer et d'exister, de moins subir le temps et le monde. Malgré la relation de pouvoir et de déséquilibre profond entre elle et lui — domination que l'on retrouve particulièrement dans le contexte de l'Europe du 19ème siècle - elle semblait aussi croire en l'œuvre littéraire de Victor Hugo, à laquelle elle a grandement participé sinon rendu possible, avec d'autres femmes autour de lui, loin du génie littéraire que l'on peut lui attribuer10.
Aujourd'hui, Juliette Drouet doit se retourner dans sa tombe : ce n'est plus son « bon petit homme » qui exploite ses lettres, mais des automates computationnels au service d'une spéculation financière et d'une concentration de pouvoir économique, géopolitique sans précédents. En effet, l'édition de ses lettres remise en forme et indexée par la Chaire d'excellence en édition numérique de l'Université de Rouen Normandie a été littéralement prise d'assault par des « crawlers » des grands groupes de l'IA (en l'occurrence, desgroupes chinois) à la fin 2024 — il était tellement « consulté » que le site prenait excessivement de temps à charger pour ses visites humaines, étant hébergé sur des petits serveurs universitaires. Il a fallu installer un système de protection (CrowdSec) car le traditionnel fichier robots.txt, placé à la racine d'un site pour demander à des robots de ne pas indexer et crawler certains contenus, était systématiquement ignoré. Malheureusement le mal était fait : « JuJu » comme on l'appelle dans l'équipe de la Chaire, allait se faire exploiter à nouveau, et pas pour les romans de Victor Hugo cette fois-ci.
Juliette Drouet semble ainsi être une éternelle exploitée, que ses textes circulent de manière privée et intime, avec Victor Hugo, ou publique, avec l'édition en ligne de ses lettres. Cette histoire semble nous donner une leçon à nous qui, en 2026, rêvons d'environnements d'exceptions où les documents ne seraient plus exploités pour des fins aux antipodes de celles qui les ont mis au jour à la base. Si cela est possible, c'est seulement dans une certaine mesure : partager un texte, un document consiste finalement toujours à prendre le risque que celle-ci soit maltraitée, d'une manière ou d'une autre. En fait, les absolus semblent difficilement tenables, sur le plan du partage de documents (comme sur beaucoup d'autres) : leur reprise et utilisation reste fondamentalement ambivalente, pharmacologique — ils peuvent être utilisées de manière autant soigneuse que toxique. Le risque est d'autant plus amplifié lorsque ces documents sont mis en accès libre publiquement : cette ouverture peut démultiplier les exploitations désespérantes, tout autant que les reprises inespérées.
Se réapproprier les communs en ligne
Les lettres de Juliette Drouet ont été mises en ligne au travers du travail d'une communauté de recherche et d'édition qui estimait devoir partager ces témoignages le plus largement possible. Une quantité phénoménale d'autres documents et textes sont aujourd'hui également en accès libre sur le Web : une immense richesse collective d'articles, archives, encyclopédies, livres, forums, ... En parallèle de formes de néo-Samizdat à expérimenter pour échapper à la Big AI et la Big Tech, il semble donc nécessaire de se réapproprier tous ces productions à d'autres fins que celles, capitalistes, suivies par les grands groupes de l'IA.
La connaissance et les discours sédimentés sous forme de données, en ligne, peuvent certes aujourd'hui alimenter des LLM, mais ils peuvent tout autant servir ce qu'Evgeny Morozov appelle des « institutions de dépôt », où la connaissance est collectivisée pour des fins non-capitalistes. Au lieu de seulement subir le mouvement de l'enclosure des communs, il s'agit en effet pour Morozov de restituer la puissance collective aux personnes qui la produisent, au travers de machines à tisser des mémoires, des connaissances et des actions qui soient au service de colectifs, plutôt qu'au service de la performance individuelle et capitaliste.
La réappropriation des communs implique surtout à mon avis que ceux-ci ne soient pas considérés comme des « ressources » en « accès libre » mais comme des œuvres à maintenir collectivement, dont il faut prendre soin, et où il est davantage question du rapport à l'objet que de l'objet en tant que tel. Le rapport à l'objet ne peut être contrôlé par l'objet lui-même, d'où peut-être aussi l'échec de la politique des licenses, dans le mouvement du Libre, pour protéger les communs en ligne. Un rapport soigneux peut cependant être cultivé et encouragé par certains gestes — par exemple celui de la transmission et de la préservation des lettres de Juliette Drouet — bien que leurs circulations ne puissent jamais entièrement être préservées contre les appropriations indésirables. Une échelle de confiance et de valeurs partagées permet tout du moins d'en renforcer le contrôle, en limitant l'accès à certains acteurs dont l'intention est définitivement contraire à celle de « l'esprit » de ces objets.
J'ai conscience de ne pas donner de réponse tranchée face à l'immensité du problème de l'espace public livré à la capitalisation. Plutôt, je penche pour travailler sur plusieurs fronts simultanés, chacuns avec leurs limites respectives, leur même caractère fondamentalement pharmacologique. Il ne me semble pas y avoir de camps du « bien » et du « mal », en termes de supports, de niveau de publicité des documents, ... seulement une nécessité de continuer à faire circuler des connaissances et des discours, en se donnant une diversité de moyens et de niveaux pour le faire, et en travaillant malgré tout aux conditions de leur soin plutôt que de leur exploitation.
Merci à Emma Biscarros pour la relecture attentionnée et toutes les précieuses suggestions de révision de ce texte.
Les pays occidentaux dits aujourd'hui « libéraux » sont bien sûr loin d'être épargnés par divers degrés de censure et d'invisibilisation, qu'elle soit algorithmique ou qu'elle se déploie par le contrôle de la presse et des médias par des milliardaires ou des États.↩
Telegram est un service de messagerie instantanée créé par deux frères russes, héritiers d'une tradition de rapport à l'espace public façonné par la période soviétique.↩
Dernier exemple remarqué en date, sur la télévision du service public français : https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/110926/adele-haenel-et-le-genocide-gaza-les-coulisses-d-une-censure-du-service-public.↩
Voir : https://cybernews.com/tech/anthropic-destroyed-books-ai-training/.↩
Nous pouvons d’ailleurs observer là une ambivalence intéressante des communs vis-à-vis des barrières : les communs fonciers ouverts ont été privatisés, à la fin du Moyen-Âge, par la mise en place de barrières (enclosures), tout comme les communs de la connaissance en ligne sont aujourd’hui privatisés et marchandisés par les entreprises de la Big Tech, qui mettent des barrières payantes à leurs « IA ». Pour se protéger de cette expropriation, certains de ces communs en ligne, comme OpenEdition, adoptent donc elles-mêmes des barrières, cette fois-ci en vue de lutter contre la privatisation.↩
Voir cet enregistrement de présentation faite par Pierre Yves Gosset aux Journées Du Logiciel Libre à Lyon, en juin 2026 : https://videos-libr.es/w/nhmJ1uhMG6opp2K9RP7jYf.↩
Voir : https://victorhugoressources.paris.fr/ledition-complete-de-la-correspondance-de-juliette-drouet-hugo. Comme expliqué dans cette présentation de l'édition des lettres de Juliette Drouet, « Le fait que Juliette ne cesse pas d'écrire à Hugo malgré l'absence de réciprocité est une indication sur la proximité de cette écriture quotidienne avec le journal qui, lui, n'attend pas de réponse. »↩
Voir : https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/juliette-drouet-compagne-du-siecle-et-femme-de-lettres↩
Voir : https://dossiers-bibliotheque.sciencespo.fr/presse-et-histoire/2022-dans-lombre-de-victor-hugo-juliette-drouet-actrice-amante-muse-et-ecrivaine.↩
Voir aussi le travail fait sur ces questions des « petites mains » par Margot Mellet, par exemple dans ce podcast : https://skhole.ecrituresnumeriques.ca/episodes/ep1_mellet/.↩